Pourquoi diagnostiquer la maladie coeliaque ? /4

A force d’en entendre parler à droite à gauche, on ne sait plus de quoi il s’agit, ni de ce que ça implique ! Pourquoi est-il important de diagnostiquer la maladie coeliaque ? On a cuisiné le Professeur Christophe Cellier pour qu’il nous explique l’intérêt que présente ce dépistage.

Qui doit se  faire diagnostiquer ?

Ne tombons pas dans l’hypocondrie, il ne s’agit pas de se faire dépister à la moindre brûlure d’estomac !

Le dépistage de la maladie coeliaque, pourquoi ? /2

Vous êtes dans le flou ? ©Harman Abiwardani

Mais quand on sait que seuls 10 à 20% des cœliaques sont diagnostiqués, on se dit qu’il y a peut-être un souci… La faute à qui ?

Eh bien surtout à la maladie : « L’intolérance au gluten est très difficile à diagnostiquer, c’est une maladie polymorphe, c’est-à-dire que les symptômes varient en fonction des personnes, voire, qu’il n’y a parfois aucun symptôme !« , explique le professeur Christophe Cellier, gastro-entérologue à l’Hôpital européen Georges Pompidou, « Les anglo-saxons parlent même d’épidémie silencieuse.« 

Pourquoi diagnostiquer la maladie coeliaque ?

Parce que c’est comme ça et puis-c’est-tout ! Rassurez-vous, on a une réponse un peu plus développée à vous fournir !

Le dépistage de la maladie coeliaque, pourquoi ? /1

Se faire dépister tôt !

Pour la plupart des intolérants au gluten, la maladie coeliaque se déclare sur le tard vers 40 ou 50 ans, ou après une grossesse par exemple. Malheureusement, l’intestin peut être en très mauvais état après des années de consommation de gluten. Alors pourquoi diagnostiquer la maladie coeliaque maintenant que le mal est fait ? Quel est l’intérêt ?

Tout d’abord parce que l’intestin fait partie de ces organes qui se reconstituent. Un régime adapté, c’est-à-dire strictement sans gluten, permet aux villosités de repousser et donc à la paroi intestinale de se refaire une santé. Tout n’est donc pas perdu.

En revanche, « Plus on vieillit, plus l’intestin a dû mal à se reconstruire« , précise le professeur Cellier. Diagnostiquer la maladie coeliaque permet donc d’entamer un régime sans gluten rapidement et éviter les complications.

Diagnostiquer la maladie coeliaque… mais après ?

Car oui les complications existent quand la maladie cœliaque n’est pas diagnostiquée et que le régime n’est pas adapté !

Le dépistage de la maladie coeliaque, pourquoi ? /3

Ne vous lancez pas dans le sans gluten à l’aveugle ©Oscar Keys

« Ostéoporose, car l’intestin n’ingère plus le calcium, maladies auto immunes, et dans un petit nombre de cas, des lymphomes« . Il y a d’ailleurs des cas de sprue réfractaire. Bref, un programme pas très alléchant, il faut le reconnaitre… C’est donc important de se faire diagnostic avant que cela ne devienne grave.

Une fois le diagnostic posé, le suivi médical permet de constater l’amélioration de la paroi intestinale, « d’abord une fois par an, on effectue des tests sanguins pour savoir si les anti-corps diminuent, puis une fois tous les deux ans pour contrôler que tout va bien. » Le suivi médical permet aussi d’être guidé pour savoir comment se mettre au sans gluten, car le régime n’a rien d’évident ! « Il est essentiel de diagnostiquer la maladie coeliaque avant de commencer un régime sans gluten ! « , insiste le professeur Cellier.

Opération sans… douleurs à l’intestin ! / 1

Ouille ouille mal au bidon ! ©Hanna Knutsson

Comment diagnostiquer la maladie coeliaque ?

Il n’existe qu’une seule prise de sang qui permet de voir si le système immunitaire réagit au gluten, c’est pourquoi il ne faut pas arrêter d’en consommer avant de faire ce test.

Cette prise de sang est prescrite par votre médecin et est remboursée par la sécu. Des autotests existent aussi pour se diagnostiquer chez soi ou aider ses proches à se diagnostiquer, car s’il y a un ou une coeliaque dans la famille, il y a de fortes chances pour diagnostiquer la maladie coeliaque chez d’autres membres de celle-ci !

Talk Tell Test pour sensibiliser / 1

La campagne Talk Tell Test ©NFCA

Pendant le mois du sans gluten aux États-Unis, les associations de coeliaques ont d’ailleurs lancé une campagne « Talk Tell Test » pour favoriser le diagnostic au sein des familles.

Mais qu’en est-il de l’hypersensibilité au gluten, indétectable par les tests actuels et souvent ignorée des médecins ? « Ce n’est pas une maladie auto-immune, donc à priori il n’y a pas les mêmes risques de complications. » explique le Professeur Cellier. Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne parle pas des sensibles au gluten sur Because Gus !

 Photo de couverture signée ©Matthew Wiebe

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A PROPOS DE L'AUTEUR

Marine Penot

Journaliste omnivore !

    COMMENTS (19)

  1. Jacqueline Dubois Pasquier

    ()

    Je corrobore. J’ai 61 ans, souffrant depuis deux ans de troubles intestinaux, ignorés la première année car tentatives d’auto-médication. Sans amélioration, j’ai paniqué. Mon médecin traitant m’a alors prescrit des analyses qui n’ont rien donné. Vu mon âge, une coloscopie s’est imposée – 4 polypes enlevés et une obligation de suivi tous les 2/3 ans mais ça n’a rien calmé du symptôme de l’intestin irritable. Janvier dernier après avoir lu des articles sur la médecine fonctionnelle et micro-nutritionnelle, je vois un médecin à Paris qui la pratique. Analyses plus poussées envoyées en Belgique et chères. Mais qui, entr’autres problèmes, détectent une certaine intolérance au gluten. Depuis 3 mois je suis donc un régime sans gluten et sans sucre principalement. Je commence doucement à aller mieux. Ma cuisine est devenue mon laboratoire et je suis passionnée par le sujet! Nouvelle passionnante aventure, il n’est jamais trop tard, mais il est évident que j’aurais dû commencer plus tôt à mieux manger, bien avant l’apparition de symptômes invalidants! Bon courage à tous et toutes qui suivent la même voie!

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  2. Brigitte

    ()

    Merci Marine de rappeler dans cet article que la maladie cœliaque n’est pas la seule maladie liée au gluten, mais qu’il existe aussi l’hypersensibilité (et l’allergie).
    Même si elle paraît moins grave aux yeux de certains, voire farfelue et liée à un effet de mode, elle est pourtant bien réelle et tout aussi invalidante, et doit être prise au sérieux…
    Certes son mécanisme est encore méconnu, mais son seul traitement est aussi l’éviction du gluten.
    Bonne journée

    Répondre

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