Take Eat Easy c’est fini, témoignage de startup food / 1

Ça y est la nouvelle est tombée ce matin : Take Eat Easy c’est fini. Personne ne s’y attendait. On a beau être une jeune startup food sur un marché super porteur comme la livraison de repas à vélo, du jour au lendemain, tout peut s’arrêter. Pourquoi est-ce qu’on vous en parle ? Parce que Take Eat Easy livrait pas mal d’adresses qui font du gluten free. Au delà de ça on tenait également à témoigner sur le quotidien d’une startup… qui n’est pas toujours aussi facile qu’on se l’imagine !

Les livraisons avec Take Eat Easy c’est fini

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Le logo ©Take Eat Easy

Les internets ont pris connaissance de la nouvelle en ce mardi 26 juillet 2016 : Take Eat Easy c’est fini. Ce sont les billets de deux co-fondateurs sur Medium, qui ont affolé le web… enfin entre deux prises d’otages et événements sanglants, car l’actu n’est pas très drôle aujourd’hui.

Mais vous nous connaissez on n’est pas là pour vous faire angoisser, au contraire !! On ne va pas se laisser abattre par l’actu pourrie du jour. On va plutôt se pencher dessus pour voir ce qu’on peut apprendre de ce cas inédit dans l’histoire de la livraison de repas à vélo.

Témoignage : l’histoire de Take Eat Easy et de nombreuses startups food

En 2013 ce sont 4 co-fondateurs Adrien Roose, Chloé Roose (oui ils sont frère et sœur pour ceux qui se posent la question), Jean-Christophe Libbrecht et Karim Slaoui qui créent la startup en Belgique.

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L’appli ©Take Eat Easy

Un an plus tard, la startup s’attaque au marché parisien de la livraison de repas à vélo. Marché très concurrentiel puisqu’en face le match commence avec Deliveroo, startup venue du Royaume-Uni. D’autres acteurs comme l’allemand Foodora, investissent également le créneau.

Le business model et les startups

Ça c’est la partie que vous ne voyez pas, mais c’est ce qui nous permet de fonctionner. Certes une startup peut avoir beaucoup de succès, donc un beau business model sur le papier, mais si dans la réalité elle n’arrive pas à joindre les 2 bouts… c’est dur de la garder à flot !

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Le message de fin ©Because Gus

C’est ce qu’explique Adrien Roose dans son billet. Le problème de Take Eat Easy : ils n’arrivaient pas à être profitables. Le profit généré par une livraison, était englouti par la paie des livreurs. « Last week we reached a million deliveries » indique Chloé Roose dans son billet. Un million de livraisons… mais qui au final ne vous rapportent rien. C’est comme si en sortant du boulot, le métro vous coûtait si cher qu’en arrivant chez vous il avait englouti votre salaire (imaginez !).

Et lever des fonds ?

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©Take Eat Easy

C’est ce qu’a fait Take Eat Easy seulement c’est là que ça a coincé et c’est ça qui a tout précipité. Pour leur 3ème levée de fonds ils devaient avoir validé leurs business model donc prouver que l’entreprise était viable. Cependant ce n’était pas encore le cas et en face, Deliveroo et Foodora, ont annoncé de super levées. On traduit : ça se passait mieux chez les concurrents que chez eux.

Ces nouvelles ne sont pas tombées au bon moment et l’argent qui devait dans notre exemple vous permettre de reprendre le métro le lendemain matin, ou d’investir dans une voiture pour échapper à ce coût, n’est donc pas arrivé sur votre compte en banque. Que faire ? Arrêter votre boulot, car ça n’a plus de sens ! Mieux vaut stopper les frais avant que ce soit la banqueroute totale.

Il y a quoi de bon dans tout ça ?!

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La team belge ©Take Eat Easy

Take Eat Easy c’est fini mais l’expérience n’a pas été vaine. Pourquoi ? Parce qu’ils ont challengé d’autres acteurs et stimulé le marché pour qu’il devienne plus compétitif et donc qu’il réponde encore mieux aux attentes du consommateur. Satisfait, celui-ci reviendra commander et le marché pourra perdurer. Tout le monde peut donc leur dire merci !

En France, l’échec est très mal vécu. Or qui a déjà avancé sans faire d’erreurs où de mauvais choix ? Ok 160 personnes vont devoir retrouver du boulot, mais on parie qu’une partie d’entre eux pourront retrouver du boulot chez les concurrents. Les autres auront peut être tiré des leçons de l’échec de Take Eat Easy et leur expérience pourra bénéficier à d’autres business, que ce soit le leur ou ceux d’autres entrepreneurs. Préparez-vous à vous les arracher !

Qui va assurer la livraison des repas gluten free ?

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Qui va livrer notre Gustour ? ©Take Eat Easy

Nombreuses sont les adresses qui étaient livrées par Take Eat Easy. Heureusement, elles l’étaient aussi par 2 voire 3 startups. Même si ce n’était pas le cas, vos restaurants sans gluten préférés retrouveront une startup pour vous livrer. On ne se fait pas de souci ! D’ailleurs pour trouver tous les restaurants dont la livraison est dispo sur Deliveroo : c’est ici. Et ceux sur Foodora : c’est ici !

Because Gus dans tout ça ?

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La team au SAAPS ©Because Gus

Eh bien c’est aussi une startup ! Because Gus c’est bien plus qu’un blog, c’est un media ! Pour tous ceux qui ne nous croient pas voici les preuves ultimes : ce n’est pas du bénévolat et on travaille dessus à plein temps. Oui il y a une rédaction et on rémunère tous nos journalistes (de vrais) pour qu’ils aillent enquêter sur des sujets et rédigent nos articles qui répondent aux questions des gluten free.

On a levé des sous pour financer notre développement, mais on n’a pas encore validé le business model. A la différence de Take Eat Easy, on a 1 an et demi, quand eux en ont 4. Donc on a encore de la marge, ne vous inquiétez pas.

Mais tout ça pour vous dire que derrière un chouette media (c’est vous qui nous le dîtes) il y a aussi toute une équipe qui bosse dur pour être encore là demain.

Vous vous demandez comment on vit ?!

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Tests de pains sans gluten ©Because Gus

Eh bien on propose des tests de produits (souvenez-vous comme ici avec les pains de Genius), des études de marché, des événements (comme pour la soirée de Noël ou le SAAPS) à toutes les marques, restaurants ou acteurs du monde de l’alimentaire, qui voudraient lancer des produits sans gluten sur le marché ou améliorer leur offre existante.

Pour exploiter votre porte-monnaie ? Non ce n’est pas notre crédo, puisqu’on vous rappelle que Cécile, la fondatrice du site, est gluten free et qu’en plus elle ne se verse pas (encore) de salaire.

On fait en sorte que l’offre, qui aujourd’hui est encore trop rare, pas à votre goût, pas partout, puisse s’améliorer. Alors si vous voulez recommander nos services à une marque que vous aimez, surtout n’hésitez pas ! Ensemble on fera avancer le schmilblick.

La photo de couv est signée : ©Take Eat Easy


A PROPOS DE L'AUTEUR

Cécile Gleize

<p>Fondatrice de Because Gus et gluten free !</p>

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