L'intolérance au gluten, une histoire qui date / 1

Si on parle beaucoup du gluten aujourd’hui, la maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, a été décrite pour la première fois au deuxième siècle après Jésus-Christ. Des écrits du médecin grec Aretaeus de Cappadoce dépeignent des syndromes chroniques de malabsorption. Mais il faut attendre le XIXe siècle pour découvrir leur traduction par l’écrivain anglais Francis Adams.

Le gluten longtemps hors champ

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Vieil homme dans la douleur ©Vincent Van Gogh

Aujourd’hui, c’est à Samuel Gee, un pédiatre anglais, que l’on attribue la découverte de la maladie, au point qu’elle soit aussi nommée maladie de Gee. Il la présente à l’époque comme «une maladie infantile chronique et souvent mortelle» avec diarrhées, lassitude et perte pondérale.

Mais la cause de ce qui sera plus tard nommé intolérance au gluten, reste encore inexpliquée. Il faudra attendre la thèse du pédiatre hollandais Willem K.Dicke en 1950 pour en comprendre les raisons. Il reconnaît ainsi l’association entre la consommation de pain, de céréales et de diarrhées récurrentes. Une étude qui sera validée par la pédiatre australienne Charlotte Anderson, pionnière en gastro-entérologie chez l’enfant. Elle démontre enfin le caractère nocif et toxique du gluten pour le patient.

L’intolérance au gluten, un nouveau Titanic ?

Principaux travaux réalisés ensuite, ceux de Richard Logan, qui publie, en 1991, Liceberg Cœliaque. Selon lui, pour chaque maladie diagnostiquée sur suspicion clinique, il y aurait beaucoup d’autres personnes porteuses qui l’ignoreraient, les troubles étant souvent latents, voire silencieux.

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Un continent inexploré ©Wikipedia

De nos jours, alors qu’aucun traitement n’est disponible en dehors d’une alimentation sans gluten. Des chercheurs de l’université américaine Mc Master pourraient révolutionner la vie de nombreux malades. Ils ont mis en évidence le rôle clef d’une molécule, Elafine, dans l’intolérance au gluten.

Cette dernière serait diminuée chez les porteurs de la maladie. Des injections pourraient alors être faites pour protéger la muqueuse intestinale. Un nouvel espoir pour des milliers de patients.


A PROPOS DE L'AUTEUR

Emilie Lopes