Questions sans gluten au BHV Marais /1

Lundi 1er février, Jeanne B., Catherine Bourron-Normand et l’équipe de Because Gus étaient au BHV Marais pour faire sauter les clichés et les crêpes sans gluten. Pour ceux qui n’ont pas pu venir, petit récap’ des questions sans gluten posées lors de la conférence !

Questions sans gluten au BHV Marais /1

Le débat s’anime autour du sans gluten ©Marine Debeney

Pourquoi le sans gluten est-il tendance ?

Catherine : En tant que diététicienne, cela fait déjà 30 ans que j’explique et j’aide des patients à faire un régime sans gluten. Ce dernier correspond à un traitement de la maladie cœliaque, de l’allergie au blé et de la nouvelle pathologie, hypersensibilité au gluten. Ces trois maladies n’ont pas les mêmes implications : dans l’hypersensibilité au gluten il peut y avoir un niveau de tolérance du gluten ce qui n’est pas le cas dans la maladie cœliaque. Cette nouvelle pathologie a peut-être donné une tendance à une alimentation sans gluten, car les personnes se sentaient mieux en mangeant pas ou peu d’aliments riches en gluten.

Questions sans gluten au BHV Marais /5

On s’en pose des questions ! ©Marine Debeney

Cécile : On entend en effet beaucoup parler du sans gluten depuis quelques années. Parce que, d’un côté, on découvre que de plus en plus de gens n’arrivent pas à le digérer : 7% de la population française mange sans gluten par nécessité ! Et n’oublions pas que les gens qui sont malades aujourd’hui le seront toujours dans 10 ou 20 ans, donc ce n’est pas un effet de mode. Et d’un autre côté, on est dans une tendance bien-être, on fait attention à ce qu’on mange. Le sans gluten vient s’inscrire dans cette tendance healthy. Cela a au moins eu le mérite de développer le marché gluten free.

D’ailleurs on parlait déjà de la maladie cœliaque dans l’antiquité, pour ceux qui veulent en savoir plus, un peu de lecture par ici !

Pourquoi défendre la diversification de l’alimentation plutôt que le sans gluten ?

Questions sans gluten au BHV Marais /3

Des crêpes à la farine de riz ? Qui l’eut cru ! ©Because Gus

Marine : Sur le site nous ne sommes pas anti-gluten et nous ne prônons pas l’arrêt du gluten pour tout le monde. Mais en tant que rédactrice en chef (non gluten free), je me suis rendue compte qu’en s’intéressant au sans gluten, on découvre d’autres façons de faire, d’autres façons de cuisiner. Aujourd’hui, on consomme beaucoup de produits à base de farine de blé, alors pourquoi ne pas se tourner vers d’autres aliments, varier nos repas, et surtout : réapprendre à cuisiner ! Sans parler de ne plus manger de gluten pour les personnes qui ne sont ni sensibles ni intolérantes ou allergiques, mais faites preuve de curiosité ! Une personne non gluten free trouve aussi son compte sur le site.

Comment peut-on se faire dépister ?

Questions sans gluten au BHV Marais /4

Dernières questions avant la dégustation ! ©Marine Debeney

Catherine : Il existe un test de la maladie cœliaque, mais les autres analyses sont chères, ne sont pas remboursées et aujourd’hui nous n’avons pas assez d’éléments pour savoir si elles sont valables ou pas. Donc le mieux c’est de consulter un spécialiste, faire le test de la maladie cœliaque, et se faire ensuite conseiller par une diététicienne. On ne se met pas au sans gluten comme ça !

On entend beaucoup dire que les produits sans gluten sont mauvais, est-ce que c’est vrai ?

Le sans gluten de 60 Millions de Consommateurs / 2

Le dossier sans gluten de 60 Millions de Consommateurs ©Because Gus

Catherine : Que met-on derrière le mot mauvais ? Le point est probablement en lien avec l’enquête de 60 millions de consommateur. Tout d’abord rappelons que le gluten est une protéine contenue dans le blé, l’orge, l’avoine, le seigle. Cette protéine donne l’élasticité au produit. Lorsqu’on remplace la farine de blé par un mélange de farine de riz ou de fécule de pomme de terre, il est nécessaire pour faire des biscuits goûteux d’ajouter d’autres type de levure, par exemple, ce qui allonge la liste des ingrédients sans que cela soit mauvais. Souvent en matière de nutrition, le public pense qu’il y a des aliments très bons pour la santé et d’autres très mauvais. Le gluten a eu une très mauvaise image de marque pour la santé sans faire le lien avec les raisons pour lesquels les personnes mangent sans gluten. Pour ma part, il y eu un énorme progrès en matières de choix et de variété de ces produits. Au début de ma carrière de diététicienne, les patients avaient un choix extrêmement limité de produits sans gluten tels que 3 à 4 sortes de biscuits et rien d’autres.

Questions sans gluten au BHV Marais /5

60 millions de consommateurs pointe du doigt les pâtes sans gluten Barilla ©Because Gus

Cécile : Le magazine 60 millions de consommateurs a publié un article à ce sujet, alors oui, en effet, quand on regarde la liste des ingrédients pour un produit gluten free, elle est nécessairement plus longue, mais ça ne veut pas dire que les ingrédients sont plus mauvais. Pour remplacer la farine de blé dans une pâte à tarte par exemple, il faut 2 ou 3 farines. Ensuite, il y a tous les additifs, les conservateurs, que l’on retrouve dans des produits sans gluten (le dossier citait spécifiquement les pâtes Barilla sans gluten, qui contiennent des additifs contrairement à la version classique). Et c’est là que ça devient problématique. Mais il ne faut pas oublier qu’un produit industriel reste un produit industriel, avec ou sans gluten. Il ne faut pas s’attendre à un miracle ! Le meilleur moyen de contrôler ce qu’on met dans son assiette : c’est de cuisiner !

Pourquoi la France a-t-elle autant de retard par rapport à l’Espagne ou l’Italie ?

Questions sans gluten au BHV Marais /6

La maladie cœliaque dans le monde ©Dr Schaer Institute

Cécile : La maladie cœliaque se transmet génétiquement, et certaines populations ont une prédisposition génétique plus forte, comme en Espagne, en Italie, ou en Irlande. C’est, entre autre, pour cette raison que les espagnols ou les italiens sont beaucoup plus au fait de ce qu’est le sans gluten. Peut-être que les médecins sont plus formés et que le dépistage se fait plus rapidement, dès l’apparition des premiers symptômes. Dans les familles déjà touchées, on sait que les enfants sont plus susceptibles d’être intolérants, il y aurait donc un meilleur suivi. C’est aussi le rôle des associations de sensibiliser les médecins, les autorités, les écoles, les familles. Par exemple aux États-Unis, la NFCA est très active auprès des familles !

Après le débat…

Une chose est sûre, les crêpes sans gluten et sans lactose ont, elles, fait l’unanimité ! Si vous voulez retrouver la recette, c’est par ici, et pour commander la box, il suffit de cliquer juste là !

La photo de couverture est signée ©Marine Debeney !


A PROPOS DE L'AUTEUR

Marine Penot

<p>Journaliste omnivore !</p>