La sensibilité au gluten est-elle une simple gêne ?! ©Kinga Cichewicz

Qu’est-ce que la sensibilité au gluten ? S’agît-il de personnes un peu douillettes et/ou super tendance ? Zoom sur ces mangeurs qui représentent 45% des sans gluten et sont pourtant très peu connus.

Combien de personnes souffrent de sensibilité au gluten en France ?

D’après le premier baromètre sur les sans gluten réalisé en mai 2019 par notre équipe, voici les principaux types de mangeurs sans gluten en France : 

La sensibilité au gluten est-elle une simple gêne ?!
©Sam Burriss
  • Les sensibles au gluten : qui représentent 45% des personnes qui ont arrêté le gluten, soit 4% de la population française. Leurs symptômes sont principalement digestifs et nous les verrons plus en détail ci-dessous.
  • Les personnes qui ont arrêté le gluten parce qu’elles souffrent d’une autre pathologie auto-immune ou digestive : cela concerne 19% des sans gluten, soit 2% de la population en France. Les symptômes de leur maladie diminuent grâce à l’arrêt du gluten.
  • Les cœliaques (maladie cœliaque aussi appelée intolérance au gluten) : ils représentent 13% des sans gluten, soit 1% de la population française. Leurs symptômes sont principalement digestifs et le seul traitement possible est l’arrêt du gluten à vie.

Pour ceux que cela intéresse, la méthodologie du baromètre ainsi que l’ensemble des résultats sont disponibles par ici !

Pourquoi les sensibles au gluten sont-ils méconnus ?

Sensibilité au gluten et effet de mode, est-ce la même chose ?

On a beaucoup entendu parler du sans gluten pendant plusieurs années et de nombreuses personnes ont mis cela sur le compte de la mode. Effectivement tout le monde en parlait.

La sensibilité au gluten est-elle une simple gêne ?!
©Kat J

Mais qu’est-ce qui soutient ce marché depuis plusieurs années ? Est-ce que ce sont des achats de mode ? A force de côtoyer les sans gluten depuis cinq ans, notre équipe savait que ce n’était pas le cas. Mais comment l’expliquer à Monsieur et Madame Toutlemonde ?

C’est là que notre baromètre s’est révélé très utile. En effet, on sait enfin que 6% des personnes qui ont arrêté le gluten, l’ont fait pour des raisons qui ne sont pas d’ordre médical. Ces personnes arrêtent le gluten pour varier leur alimentation, pour suivre la tendance ou encore parce qu’elles sont convaincues que le gluten est mauvais pour la santé, mais pas particulièrement parce qu’elles ressentent un mieux-être.

Nous ne les jugeons pas, mais elles ne sont pas à confondre avec les sensibles au gluten, qui on le rappelle, représentent 45% des sans gluten, et arrêtent le gluten justement pour des raisons de santé !

Sensibles, hyper-sensibles… pourquoi les appelle-t-on comme ça ?

L’équipe de Because Gus a volontairement choisi le terme « sensible au gluten » pour parler de toutes les personnes qui ont les mêmes symptômes que les cœliaques, mais qui pourtant ne le sont pas, et pour qui l’arrêt du gluten permet un réel mieux-être.

Opération sans… douleurs à l’intestin ! / 1
©Hanna Knutsson

Car rappelons-le, les sensibles au gluten ne sont pas les intolérants au gluten. La maladie cœliaque, est aussi appelée intolérance au gluten et donc ceux qui en souffrent sont les intolérants au gluten. Ce qui est totalement différent des personnes qui souffrent d’intolérances alimentaires… cela porte à confusion mais c’est bien pour cela que nous insistons sur le fait de bien nommer chaque catégorie.

Les sensibles au gluten ne sont également pas les allergiques au blé. C’est une autre catégorie de malades, plus rare, et qui nécessite l’exclusion totale du gluten, y compris de ses traces.

Peut-on trouver un autre terme, qui ne minore pas le vécu de ces malades ? Celui de le l’hypersensibilité non-cœliaque au gluten existe, mais le terme est long et définit ces malades par la négative. C’est pour ça qu’on a fait le choix éditorial de les appeler : les sensibles au gluten !

La sensibilité au gluten est-elle une simple gêne ou un réel problème avec le gluten ?

Ce qui est compliqué avec la sensibilité au gluten, c’est qu’il n’y a pas un.e malade type ! Comme pour la maladie cœliaque, les symptômes sont nombreux et variés et chacun réagit plus ou moins fortement au gluten. C’est aussi pour cela que ces deux pathologies sont difficiles à diagnostiquer.

La sensibilité au gluten est-elle une simple gêne ?!
©Hanna Postova

Les symptômes des sensibles au gluten sont en grande majorité digestifs. Alternance de diarrhées et de constipation, ballonnements, gaz, irritation des intestins, ce qui peut induire une très grande fatigue, une sensation d’être dans le brouillard. Il y a aussi les aigreurs d’estomac, les remontés acides, mais aussi les spasmes, les nausées… Certaines personnes peuvent également avoir des manifestations cutanées ou articulaires.

Bref tout cela n’est pas facile à gérer au quotidien et permet de comprendre pourquoi une personne décide d’arrêter le gluten. Les douleurs sont telles, au point qu’on préfère se passer de cette protéine. C’est un choix difficile, mais qui dans ces cas-là permet à ceux qui souffrent de sensibilité au gluten de revivre enfin !   

Est-ce le fameux effet de mode ?! Non, d’ailleurs le baromètre sur les sans gluten mesure à 6% le nombre de personnes qui ont arrêté le gluten pour des raisons autres que médicales, et que sans juger, nous nommons l’effet de mode. C’est donc encore autre chose !

Sensibles et cœliaques même combat pour le sans gluten ?

Il nous semble qu’on a tendance à toujours opposer les cœliaques des sensibles au gluten. Pourtant ce sont deux types de malades qui sont plus proches qu’on ne le pense… 

Sensibles : du sans gluten pour le confort ou de temps en temps ?

Comment mangent les sans gluten ? ©Kate Voytsutskaya
Comment mangent les sans gluten ? ©Kate Voytsutskaya

Si l’on regarde plus en détail, 93% des cœliaques, 56% des sensibles mangent « toujours 100% sans gluten ». On trouve enfin 7% de cœliaques, 42% de sensibles qui mangent « sans gluten en général avec des écarts ». Cela fait donc au total 98% de sensibles au gluten et 100% de cœliaques qui respectent leur régime de manière générale.

On ne parle donc pas de personnes qui mangent de temps en temps sans gluten, « juste comme ça, parce que c’est mieux » ou pour suivre la tendance.

Tous les sensibles acceptent-ils les traces de gluten ?

Une autre idée qui colle à la peau des sensibles c’est qu’ils peuvent accepter les traces ou un peu de gluten de temps en temps, contrairement aux cœliaques.

©Julian Hochgesang

Or ce n’est pas toujours vrai ! Certains sensibles au gluten, refusent les traces de gluten, surtout lorsqu’ils débutent leur régime. En effet, à ce moment là on a souvent les intestins très abîmés, tout comme les cœliaques, et on cherche à éviter toutes les traces possibles de gluten. Ensuite, certaines personnes continuent ainsi, tandis que d’autres les acceptent.

C’est également le cas de nombreux cœliaques, qui acceptent de se rendre dans des restaurants qui proposent des options sans gluten, mais ne sont pas garantis sans traces, ou encore s’autorisent à manger n’importe où et choisissent des plats naturellement sans gluten.

De plus en plus de chercheurs, notamment à l’INRA avec le programme GlutN étudient la sensibilité au gluten pour la comprendre. En attendant leurs résultats, il nous semble que les sensibles ne sont pas à opposer aux coeliaques, ils sont plutôt dans le même bateau.

Cet article a été publié le 17 février 2020 et a depuis été mis à jour par l’équipe.

La photo de couverture est signée : ©Kinga Cichewicz


A PROPOS DE L'AUTEUR

Cécile Gleize

Fondatrice de Because Gus et gluten free !

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